Classe verte des PC/PC* dans le Jura (lundi)

Cette année, les professeurs de PC et PC* ont organisé une semaine de classe verte dans le Jura. Au programme : sports en tout genre et … maths, physique, chimie ! Ambiance studieuse et décontractée, la préparation des concours est une affaire d’équipe !

Lundi

Première journée « normale ». Enfin, « normale », disons qu’officiellement c’est une journée normale. Mais comme c’est la première, tout ne s’est pas passé exactement comme prévu.

Lever à … en fait cela dépend des gens. Le tout est que le petit déjeuner est à  7h30 et comme les cours commencent à  8h00, il faut faire « vite ». Sauf que… il n’y a qu’une file, que beaucoup de gens veulent passer en même temps et que, parfois, il faut attendre le lait / les céréales / le beurre / le pain. Oh, rien de bien méchant mais le fait est que, demain, le self sera ouvert à  7h15.

Bon, pour les cours, faisons court. Il y a un tableau blanc, il y a un écran de projection, sauf que les deux sont superposés. Quelques ajustements à  faire sur la pédagogie et tout roule. Même si les étudiants ne sont pas forcément autant à  leur aise qu’au lycée, l’ambiance reste studieuse et c’est le principal. Au menu ce matin : physique et maths pour les PC*, maths et physique pour les PC.

Le repas, rien à  dire. Bon : sauté de veau au cury.

Et les activités commencent ! Au programme : escalade, rappel, spéléo, randonnée, VTT et canoë. Et là , comme je n’ai pas le don d’ubiquité, je ne peux que vous parler de la spéléo. Le rendez-vous est à  14h00 avec Lionel. Nous sommes 9. Bérénice, Céline, Emilie, Estelle, Edouard, Nathan, Robin, Thibaud et moi commençons par prendre une combinaison à  notre taille et certains parmi nous doivent changer de chaussure car, nous le verrons, dans les grottes, ça glisse. Une fois habillés-chaussés, nous partons en mini-bus pour 10 minutes de route.

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Nous nous arrêtons dans les bois, au détour d’un virage. Là , nous devons nous équiper davantage : un casque et un baudrier. Serré le baudrier, surtout en position debout. Heureusement que nous ne serons pas souvent debout… Après quelques recommandations d’usage dont la plus évidente (et la plus nécessaire) est « toujours bien écouter et suivre les instructions données », nous nous dirigeons vers la grotte.

L’entrée de la grotte Moret (ou « du Moret » ?) est dans une doline (l’inverse d’une colline). Une petite descente en rappel sur 3 ou 4 mètres et nous y voilà . Que dire ? Que c’est étroit ? Que c’est bas de plafond ? Oui, c’est très très très bas de plafond. Alors, dès l’entrée, ça devient technique : quand le plafond est à  80 voire 60 cm du sol tous les moyens sont bons pour avancer. Certains sont accroupis, d’autres à  genoux, certains ont même essayé de ramper. Nous avons donc le choix entre se cogner la tête ou avoir mal aux genoux…

Première pause près d’un tonneau rouillé et nous continuons dès que le guide arrive. Cette fois, la hauteur n’est plus un problème (heureusement) mais nous commençons à  descendre plus vite, plus profond. Deuxième pause, didactique celle-là . Nous apprenons que la grotte servait auparavant de poubelle et que c’est la raison pour laquelle nous pouvons trouver des os de temps en temps car, même si elle a été nettoyée, certains témoignages ont été laissé pour mémoire. Mais nous apprenons aussi que le plan d’une grotte, la plupart du temps, se dessine à  la main, au jugé. Pas de GPS là où nous sommes. Il faut donc mesurer au décamètre, prendre les angles et une fois ressortis utiliser (je cite le guide) « les sinus et les cosinus » pour arriver à  déterminer la profondeur.

Tout cela est très intéressant mais il faut repartir par un passage étroit que nous apprenons à  descendre sur les fesses. « Facile » ? Disons que ça va. Nous descendons encore et là , une nouvelle salle et une nouvelle toute petite pause, histoire d’entendre les recommandations, car la descente qui s’annonce est dans une portion encore plus glissante : la position assise est obligatoire. Car, je ne l’ai pas dit mais la grotte est creusée dans du calcaire (si j’ai bien retenu) et les parois sont très argileuses. Avec l’humidité, c’est comme s’il y avait partout un millimètre de boue.

Après ce passage glissant nous arrivons à  une petite salle où nous stoppons pour laisser à  quelques uns l’expérience de passer dans un trou et de ressortir un mètre plus loin. Nous sommes 4 à tenter et, je peux vous le dire, le trou était bien petit. Pas simple de se retourner, voire de se contorsionner, dedans pour arriver à  ressortir. Au passage, il faut le saluer, Nathan y est allé la tête la première. Et nous continuons.

C’est une longue descente, un peu en dévers, un peu glissante, un peu abrupte, un peu étroite, un peu bas de plafond, bref, un peu tout. Mais nous arrivons à  la fin de notre parcours, une grande salle qui donne sur un petit chemin où de l’eau coule. Au bout du chemin, un P8. P pour « Puits » et 8 pour « 8 mètres ». C’est la fin de notre parcours car ce passage, le P8, devient technique. Nous remontons au début du chemin dans la grande salle et là  nous discutons, beaucoup.

Nous apprenons, entre autre, que les insectes s’attrapent avec de la bière, qu’une espèce de langouste vit dans les grottes au mexique, que l’eau peut creuser des grottes en partant du bas, que la spéléo dans 99% des cas, c’est un aller-retour, qu’il n’y a pas de circuit comme en randonnée, que jamais personne ne s’était grièvement blessé dans la grotte où nous étions (ouf), qu’il y avait des « fausses araignées » dans la grotte, que lorsque tout le monde éteint sa lampe il fait noir noir NOIR… et plein d’autres choses.

Après 15 ? 20 minutes ? nous remontons. D’une traite sans pause ou quasiment. Sans surprise, c’est plus facile qu’à  la descente. Eh oui : non seulement nous connaissons (un peu) le chemin mais en plus nous pouvons voir où nous mettons les mains puis les pieds. En descente, nous y allons souvent à  tâton. Ceci étant, plus « facile » ne veut pas dire moins fatigant, bien au contraire ! Car il faut remonter les 50 mètres de profondeur où nous sommes allés. Le pire, je parle en mon nom mais aussi au nom de tous les grands, fut la fin, tout près de l’entrée de la grotte, là  où le plafond est à  80 voire 60 cm du sol. Mais nous sommes tous sortis et tous ravis de ce petit voyage sous terre.

Je vous passe les détails du retour, le rangement de matériel et le lavage de chaussures. En tout cas, ce fut une excellente expérience et notre guide, Lionel, fut très sympathique. Il a même affublé l’un d’entre nous d’un sobriquet qui risque de le poursuivre un certain temps mais j’ai promis de ne pas en faire mention ici.

Il est 17h00 à  quelques minutes près quand les moins fatigués (ou les plus gourmands ?) arrivent au self pour manger un morceau de gâteau en guise de goûter. Petit débriefing avec les autres groupes et visiblement, tout s’est très bien passé, tout le monde est content. Oui mais voilà , une fois revenus de ses émotions, la dure réalité s’impose de nouveau : il faut aller travailler. Car il y a étude obligatoire de 18h00 à  19h00 et de 20h00 à  21h00. Et du travail, il y en a, en chimie, en physique et, bien évidemment, en mathématiques.

Petite note sur le repas du soir et une mention spéciale au menu : saucisse de morteau et mont d’or. Ah, j’allais oublier, le groupe de primaire (une cinquantaine) est bien arrivé. La journée ils occupent un peu le bâtiment Emeraude (là  où il y deux chambres et la salle de cours des PC*) mais la nuit ils ont leur bâtiment rien qu’à  eux. Bref, nous ne nous croiserons qu’à  la cantine.

Fin de journée détendue, dans la crypte, avec à  nouveau une trentaine, voire une quarantaine, de joueurs. Les derniers « survivants », une dizaine, ont quitté vers minuit avec un dernier Dobble « pour la route ». Il fallait bien cela pour faire oublier le Jungle Speed !

Matthieu Rigaut.

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