Classe verte des PC/PC* dans le Jura (mardi)

Mardi

Une nouvelle journée commence.

Cette fois, le petit déjeuner ouvre à 7h15, ce qui n’est pas plus mal étant donné que les élèves de primaires mangent au même self que nous. Maintenant, même si la majorité parmi nous arrive suffisamment tôt pour passer tranquillement, un bon nombre arrive, sans surprise, après nos petits compagnons de centre.

S’en suit une matinée studieuse pour tout le monde. Au programme pour les étudiants : chimie puis mathématique en PC* et chimie puis physique en PC. Au programme pour les professeurs qui ne sont pas devant les élèves, dont moi : copies, préparation de cours et rédaction de corrigés. Les salles de classes étant occupées par les étudiants, nous nous retrouvons au self, quand tout le monde a quitté les lieux, pour nous mettre au travail. Pourquoi le self ? Parce qu’il y a de la place et un bon accès à internet. A 10h00, pour cause de préparation de salle, nous devons déménager dans une toute petite pièce au bâtiment Garance, qui, finalement, est bien plus tranquille que le réfectoire d’où nous venons.

12h00, repas. Un petite blanquette de poisson particulièrement bonne. Le passage se passe bien : nos étudiants arrivent d’abord et les élèves de primaires passent à 12h30.

Ceci étant, il faut se préparer pour les activités : ceux qui font canoë doivent être prêts pour 13h30 alors que tous les autres ont rendez-vous à 14h00. Entre 13h00 (environ la fin du repas) et 14h00, il y a un peu de temps pour tapoter la balle sur un vieux, un très vieux, un très très vieux baby-foot (un Bonzini, les amateurs aprécieront). Je me suis prêté au jeu et ça fait plaisir de retrouver quelques sensations, même si le baby-foot est très très vieux (je l’ai déjà dit, non ?). Je tairai le score, qui n’a que peu d’importance, pour insister sur le fait que le match fut intense.

 

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14h00, rassemblement devant le bâtiment Garance. Samuel nous répartit entre activités (escalade, rappel, spéléo, tir à l’arc). Il prend en charge le groupe qui fait randonnée, le groupe dont je fais partie avec Barbara, Estelle, Adrien, Symon, Cyril, Jonathan, Thomas et Sébastien. Comme, la veille, le groupe de randonnée s’était « plaint » (ou du moins « étonné à voix haute ») que le parcours était trop facile, nous savons que nous partons, a priori, pour quelque chose de plus sportif.

Le départ est relativement tranquille. Bon, je passe sur la remarque de Cyril « On n’y va pas en bus ? » qui a tout de suite mis de l’ambiance. Non, la randonnée c’est à pieds, pas en voiture. Et c’est bien l’avantage de Pierrefontaine que d’avoir la forêt à portée de chaussures. Nous parcourons quelques rues dans le village et nous attaquons tout de suite avec un chemin si étroit que nous ne pouvons que nous suivre en file indienne. Rien de méchant au fond, simplement un peu étroit. Un peu pentu aussi. Et un peu glissant pour corser la chose.

C’est une descente. Alors, même si, comme en spéléo la veille, les descentes sont plus difficiles que les montées, nous sommes au début, nous débordons d’énergie, donc tout va bien. D’ailleurs, j’ai oublié de dire que nous avons de la chance car il fait très beau ! Enfin… il fait très beau pour la région. Bon, d’accord, le temps est couvert mais il ne pleut pas et, parfois, nous arrivons même à apercevoir le Soleil entre deux nuages. Bref, un vrai beau temps jurassien (ou doubien ?).

Très vite nous arrivons devant une petite chute d’eau. Le panorama est agréable, c’est le moment de prendre une pause et quelques photos. Petit détail qui n’en est pas un : la chute d’eau est face à une falaise et donne naissance à une petite rivière. Et alors ? Eh bien,  il faut traverser la rivière si nous voulons continuer sans retourner sur nos pas. Samuel nous amène vers un petit pont de bois si cher à Yves Duteil. Oh, il n’est pas méchant, c’est simplement quelques planches qui permettent de traverser à pieds secs. Du moins, à pied sec pour presque tout le monde. Un parmi nous a mis le pied dans l’eau…

Et nous continuons notre périple, tranquillement, sous le « beau temps » vosgien. Ca monte un peu, mais le chemin est large, tout va bien, nous discutons. Arrive alors la première surprise : la boue. En effet, si aujourd’hui il fait « beau », hier il a plu. Et ça laisse des traces. Surtout quand on sait qu’il n’a pas plu qu’hier… Et quand je dis « de la boue », c’est de la vraie boue, de celle qu’il faut éviter sinon on s’enfonce. D’ailleurs à un moment, le chemin est si impraticable que nous n’avons pas d’autre choix que de passer sur un arbre coupé qui surplombe un gros fossé de quelques mètres. Et je ne sais pas si vous avez déjà essayé de marcher sur un tronc avec des chaussures pleines de boue mais… ça glisse.

Après ce passage où personne n’est tombé (heureusement !), nous continuons à avancer tranquillement. A un moment Samuel bifurque sur la gauche et commence à grimper un petit chemin si raide qu’une corde est prévue pour se tenir. Et, croyez-moi, la corde était plus que nécessaire. Au bout du chemin, que trouvons nous ? Une petite grotte extrêmement froide. Je ne sais pas si c’est le contraste avec la température de l’air ambiant conjugué à notre état de transpiration, mais le fait est que la température ressentie était proche de zéro. Bon, nous sommes rentrés sur quelques mètres et ressortis aussitôt. C’était simplement pour voir le début d’une grotte. Pour continuer nous commençons par redescendre le fameux chemin escarpé avec la corde. Une fois encore nous vérifions que la descente est plus difficile que la montée.

Nous continuons, le chemin devient large, il monte, il descent, il monte, il monte encore, bref, aucune péripétie particulière. A un croisement, nous décidons de faire un petit aller-retour pour voir une ferme typique jurassienne. C’est le milieu de notre randonnée. Un panneau indique la direction d’où nous venons avec « Pierrefontaine 5 km » alors qu’un autre pointe derrière nous « Pierrefontaine 8 km ». Nous préferrons revenir sur nos pas (oui, nous avons choisi le « 5 km », et alors ?) et arrivés au croisement nous prenons le chemin qui monte, monte, monte… Des groupes commencent à se faire : un (loin) devant, le peloton au milieu et deux un peu en arrière. Pendant ce temps là, nous montons.

C’est alors que nous arrivons à un beau point de vue en hauteur. Un beau point de vue mais un peu bruyant : nous entendonc comme des cris « Aaaaahhhh aaaahhhh ». Samuel nous explique que le groupe qui fait rappel est juste à côté mais nous ne pouvons pas le voir. Effectivement, nous ne le voyons pas, nous l’entendons !

Nous continuons (nous rencontrons, au passage, Régis, du groupe qui fait rappel), nous descendons, passons une petite rivière et remontons encore pour arriver à un nouveau point de vue, encore plus joli que le précédent. Et, de là, nous arrivons à entrapercevoir à travers les arbres quelques casques oranges sur une plate-forme. Pas de doute, les cris viennent de là. Nous ne résistons pas au plaisir de les encourager.

En fait nous étions arrivés, deux cents mètres plus loin et nous rentrons dans Pierrefontaine. Le temps de traverser le village et nous sommes rentrés au centre. Il est 16h40, nous avons bien marché, le goûter est fort apprécié. En plus nous avons le temps de refaire quelques balles de baby-foot. Et ça tombe très bien car du baby-foot nous pouvons encourager les valeureux archers d’un après-midi.

La suite redevient classique : nous nous préparons pour l’étude, qui commence à 18h00 et où, il faut le dire, le travail est studieux. Beaucoup font de la chimie car Mme Curk et M Loquais ont lancé, depuis dimanche, un petit jeu qui se déroulera mercredi soir sur le thème de la chimie, sur la nomenclature pour être plus exact. En gros c’est un quizz où ce sont les étudiants qui inventent, par équipe, les questions (une question = une molécule) et doivent préparer les bonnes réponses (une réponse = le nom exact de la molécule). Mercredi, chaque équipe défiera une autre équipe avec sa propre série de questions.

19h00, le repas. Au menu : lasagnes. Excellent, comme toujours. Mais avant cela, les professeurs sont invités, exceptionnelement, à un apéritif convivial composé de boissons locales (jus de pomme de la ferme d’à côté…) C’est l’occasion d’apprendre par Samuel que l’association qui gère le centre possède, en fait, trois sites et emploie 46 personnes en CDI à temps plein. C’est, d’ailleurs, une des raisons qui fait que le tarif est tout à fait abordable : le nombre d’intervenants extérieurs est très réduit.

20h00, nouvelle étude et toujours autant de participation et de travail. Les questions sont nombreuses et les professeurs présents n’ont pas le temps de travailler pour eux.

21h20, ouverture de la crypte. Oui, 21h20 et pas 21h00 parce que le professeur « chargé » de l’ouverture a été retenu par des questions de physique. La détente, oui, mais le travail d’abord. Un Twister se met en route, puis un Jungle Speed. Les étudiants arrivent peu à peu et vers 22h00 nous sommes la trentaine / quarantaine usuelle dont presque la moitié fait un time’s up géant. Une partie de « King of Tokyo » se met en route. C’est un jeu où une des manières de gagner est de « mettre des baffes » aux autres. Virtuellement, bien sûr, tout cela se joue à coups de dés. Mais cela marche : professeurs et étudiants font monter l’ambiance et, de l’ambiance il y en a ! Résultat : trois parties et trois magnifiques victoires dont la dernière s’achève à minuit moins cinq. C’est donc l’heure de rentrer.

Toutefois, même si les dix derniers courageux sont restés, encore une fois, jusqu’à minuit, il est important de noter qu’à 23h00, d’un coup, toute la salle s’est vidée. A croire que les étudiants sont fatigués de leurs journées et qu’ils ont besoin de sommeil pour être en forme le lendemain. Etrange, non ?

Matthieu Rigaut.

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